Belles et mystérieuses, les geishas fascinent autant les Occidentaux que les Japonais eux-mêmes, car aucun des deux ne connaît réellement leur monde.
Les geishas sont des artistes; elles maîtrisent l’art de la danse, de la musique et de la conversation. Elles mènent une existence professionnelle austère et ardue en leur qualité de gardiennes d’une tradition.
Les jeunes filles qui aspirent à devenir geisha entrent dans une maison de geisha vers l’âge de 15 ans où elle suivent une formation pendant trois ans. Ces apprenties-geishas, appelées maikos, suivent des cours de danse, de chant, de musique, de percussions, d’arrangements floraux et de cérémonies du thé. Toutes ces disciplines exigent des maikos une maîtrise parfaite de leurs gestes et de longues heures de pratique. Le soir venu, les maikos accompagnent leurs grandes soeurs, les geishas, à leurs engagements. Tout ce qu’elles ont à faire, c’est d’observer comment font leurs grandes soeurs. Elles n’ont pas à converser avec les clients; elles sont seulement décoratives.
Le maquillage et la coiffure exigent une précision méticuleuse. La première étape du maquillage consiste à appliquer une cire végétale sur l’ensemble du visage pour que le maquillage puisse tenir toute la soirée. Une fois la cire refroidie, on étale une pâte blanche à l’aide d’une brosse en bambou sur tout le visage jusqu’à la naissance des seins, sans oublier la nuque. Les yeux, les joues et les lèvres sont maquillées de rose et de rouge. Les lèvres sont peintes en rouge et l’application de la couleur doit respecter certaines règles.
Pour les maikos de première année, le rouge est appliqué au milieu de la lèvre inférieure seulement afin de symboliser l’innoncence. Une fois qu’elles ont atteint la deuxième année, on peint également le milieu de la lèvre supérieure pour faire allusion au bouton de rose. Les maikos pourront se peindre toute la bouche seulement lorsqu’elles auront atteint le statut de geisha, au bout de trois ou quatre ans. Les coiffures des maikos et des geishas consistent en des chignons japonais traditionnels. Ces chignons sont fait chez un coiffeur spécialisé et tiennent une semaine. D’ailleurs, afin de ne pas aplatir leur coiffure, les maikos et les geishas doivent dormir sur un repose-nuque, appelé takamakura.
Comme il faut tirer beaucoup sur les cheveux pour faire un chignon, beaucoup d’anciennes geishas souffrent de calvitie. Heureusement, de nos jours, les maikos et les geishas ont de plus en plus recours à des perruques. Les perruques des maikos leur couvrent la moitié de la tête, tandis que celles des geishas, la tête au complet. Les chignons sont ornés d’épingles et de peignes décoratifs.
Le kimono constitue une autre pièce maîtresse de l’habillement des maikos et des geishas. Cependant, on trouve plusieurs épaisseurs différentes sous le kimono. Tout d’abord, un tube de coton – blanc pour les geishas et blanc et rouge pour les maikos – que l’on attache à la taille à l’aide d’un cordon. Sur les épaules, une chemise courte de coton retenue par un cordon.
Un autre jupon par-dessus le premier et une autre chemise, le tout retenu par des cordons. Le haut du corps est ensuite enroulé plusieurs fois dans une longue et large bande de coton blanc, histoire de faire disparaître les courbes de la poitrine, de la taille et des hanches. Un premier kimono qui descend jusqu’aux chevilles recouvre le tout, suivi du kimono en soie qui touche par terre. Une première ceinture est nouée autour de la taille pour attacher le kimono. Puis, deux coussinets de coton sont ficelés sur les reins. Vient finalement le obi, cinq mètres de soie raide et rembourrée, qui fait plusieurs fois le tour de la taille avant d’être noué dans le dos. Pour nouer le obi, il faut quatre mains expertes. Le col des kimonos des maikos est rouge (couleur associée à l’enfance) et celui des geishas, blanc. Seuls les kimonos en soie sont utilisés, car ils réfléchissent la lumière et suivent mieux les mouvements du corps. D’ailleurs, lorsque les maikos et les geishas marchent, le bas du kimono ne doit pas ouvrir. En guise de souliers, elles portent des sandales de bois d’une hauteur de 12 cm.

Le programme de la soirée des geishas est organisé par la mama-san du foyer où elles habitent. La mama-san paye les cours de musique et de danse, les costumes et offrent le gîte et le couvert. En échange, elle prend un pourcentage des revenus des geishas et organise les rendez-vous. Les geishas ne mangent jamais avec les clients. Elles peuvent par contre prendre un verre de bière ou de saké en leur compagnie. Elles doivent manger entre deux contrats dans un endroit familier à l’abri des regards.
Les geishas ne couchent pas avec leurs clients. D’une part, elles doivent préserver leur réputation, et par le fait même, celle du foyer où elles sont prises en charge. D’autre part, si une telle chose se produisait, elles mettraient fin à leur carrière.