Le Japon est un pays de contradictions, déchiré entre les valeurs traditionnelles et le monde moderne. D’une part, chacun doit apprendre à faire le dos rond, à accepter les règles et à ne pas se faire remarquer. Bref, à ne pas dépasser. D’autre part, certains clous dépassent avec un esprit de défi si intense et si déterminé qu’ils servent de balises aux autres.
Le Japon est régi par un ensemble de règles strictes que sa population doit observer dans la vie au quotidien. Par exemple, les salutations à la japonaise comptent cinq inclinaisons différentes selon l’âge, le sexe et la profession de la personne que l’on salue. Il y a aussi le rituel des chaussures, où il faut les retirer avant d’entrer dans une maison ou enfiler une paire différente pour aller aux toilettes. Sans oublier les bonnes manières à table, c’est-à-dire la bonne façon de déposer les baguettes et de servir du saké.
La population japonaise semble être aux prises avec un débat de société concernant son identité. Ses valeurs traditionnelles peuvent-elles survivre à la mondialisation? La modernité menace-t-elle son identité culturelle? Est-il possible d’être moderne sans être occidental? Occidental sans être américain? Autant de questions aussi valables les unes que les autres.
Beaucoup de jeunes Japonais adoptent une mode alternative pour critiquer la culture conservatrice et traditionnelle de leur famille et de la société en général ainsi que l’uniformisation du mode de vie dans les grandes villes. Cette mode alternative est souvent perçue comme marginale par le Japonais moyen. Dans ce billet, je vous dresserai un portrait sommaire de deux styles particuliers, c’est-à-dire le cosplay et les lolitas.
Le cosplay est un mot-valise composé des mots costume et playing. Il s’agit d’une sous-culture japonaise où ses membres incarnent des personnages de manga, d’animation japonaise, de jeux vidéos ou de films. Ils imitent avec le plus grand soin leur costume et maquillage. On trouve surtout les cosplayers dans des lieux publics des quartiers tokyoïtes de Harajuku et de Shinjuku.
Le mouvement Lolita, quant à lui, est généralement caractérisé par des robes et des jupes bouffantes dont la forme ressemble à celle d’une cloche. Ces robes et ces jupes sont souvent portées à la hauteur du genou et agrémentées de jupons pour leur donner du volume. Les adeptes de ce mouvement utilisent fréquemment de la dentelle et des accessoires comme des pièces de tête, des mini-couronnes, des mini-chapeaux, des rubans ou des fleurs artificielles.
Il existe plusieurs catégories de Lolita : Sweet, Gothic, Elegant Gothic Aristocrat , Elegant Gothic, Punk, Classic, Country, pour ne nommer que celles-là. Le style Sweet Lolita se définit par un esprit enfantin, des couleurs pastels, des formes très bouffantes et des détails liés à l’enfance, comme des peluches.
Quant au mouvement Gothic Lolita, ses adeptes s’habillent le plus souvent en noir et blanc avec des voiles ou des croix. Les jupes sont bouffantes et ornées de volants. L’esprit gothique est différent de l’esprit gothique occidental. Ce style provient du genre musical Visual Kei, composé de groupes de rock aimant se déguiser et porter des vêtements très voyants.
Évidemment, en ma qualité d’adepte du magasinage, il ne fait aucun doute que je me donne la mission de me dénicher un ensemble de lolita. Après tout, au Japon, on fait comme les Japonaises. 😀
Il n’y a pas que l’horaire qui bouscule lorsqu’on arrive au Japon, nos habitudes et notre perception des choses prennent un sérieux tournant. On doit marcher à gauche, ne jamais se moucher en public, les ascenseurs nous parlent sans cesse, il faut se plier pour saluer, pour entrer dans un bus, il faut entrer par la sortie et sortir par l’entrée et dans les restaurants, il faut prier pour trouver une place dans la minuscule section de non–fumeur.
Comme dans toute société, le Japon est bourré de contradictions. Selon notre ami Marc, qui y habite depuis longtemps, l’apparence est très importante pour les Japonais. Déjà sortis de l’université, ils doivent se caser et doivent se mouler à des exigences très strictes autant sur le plan familial que professionnel. Il n’est donc pas surprenant de voir autant de gens dans la vingtaine avec le costume noir et la chemise blanche. En fait, c’est ce qu’il porte tous, même les femmes qui portent cependant la jupe. Le soir, à la sortie du bureau, une file d’ombres noires courent pour rejoindre le métro.
Il est pourtant remarquable de voir les adolescents profiter du temps qu’ils leur restent et se costument comme pour faire leur dernier pied de nez avant de rentrer dans les rangs. Ils ne se déguisent pas pour être marginaux, loin de ça, ils portent en fait le costume de leur génération.
Les adolescentes sont folles de la mode « catin ». Elles portent des jupes « froufrou » très courtes, des grosses postiches et des boucles dans les cheveux, bas mi-cuisse avec souliers super hauts ou des bottes de cowboy. Elles ont presque toutes des faux cils et un chapeau de paille. On est allé dan une boutique spécialisée pour ado et je vous jure, ça ressemblait à une usine de poupées! Les gars eux ont tous la même coupe de cheveux, genre bob crêpé avec une mèche qui traverse le visage.
Les Japonais sont excessivement polis et introvertis remplis de conventions. C’est donc drôle d’en voir quelques uns le soir à la sortie du bureau après avoir bu plus que la normale, chanter à voix haute dans un restaurant ou s’endormir pendant le repas au restaurant comme pour s’échapper de temps à autre du poids considérable de la conformité.
C’est drôle mais je n’ai pas vu de mendiants dans aucune ville ni même de musiciens dans les métros. J’adore ce pays, la gentillesse des gens. Combien de fois nous a t’on arrêté dans la rue pour nous offrir de l’aide. De retour au Canada, je le jure, le premier Japonais que je rencontre, je lui saute dessus pour lui prodiguer toute l’aide que je peux offrir.
Mes souvenirs favoris
Tokyo, traverser l’intersection la plus achalandée au monde. Faudra voir le vidéo pour le croire. On l’a traversé dix fois et Claude et Jonathan ont certainement pris une cinquantaine de photos. Le fun qu’on a eu lors de notre visite d’un centre d’électronique ou on a essayé toutes les bébelles électroniques (chaise massante, vibrateur pour le dos et le fameux rodéo).
Kyoto, agir en paparazzis et courir après les geishas dans les petites rues pour prendre des photos, passer trente minutes dans un temple agenouillée avec les Japonais pour faire de la méditation, notre chambre d’hôtel version capsule de luxe et le sympathique personnel.
Osaka, le quartier le plus animé et allumé de la ville, le Sin City avec des néons géants et de petites rues remplies de marchands de produits que je n’ai jamais vus avant et des odeurs qui ne m’ont pas donné pas du tout envie d’essayer . On croit que c’est là qu’a été tourné Blade Runner, c’est identique.
A venir, Bepu un centre de villégiature bourré de bains thermaux extérieurs venant du sol. C’est ce qu’il me faut justement parce que j’ai mal partout à force de marcher toute la journée.