Première journée à Tokyo

Notre première nuit à Tokyo s’est très bien déroulée. Nous étions tous debouts, frais et dispos à 7 h. Nous sentons peu l’effet du décalage à l’arrivée. Il paraît que le retour sera beaucoup plus difficile. C’est dimanche, et on nous a dit que c’était la dernière journée du hanami. Hanami, qui signifie regarder les fleurs, est une coutume traditionnelle qui consiste à admirer les cerisiers (sakura). À l’origine, les cerisiers étaient les messagers de la plantation du riz. Les gens, croyant que des dieux se trouvaient à l’intérieur de ces arbres, faisaient des offrandes aux pieds des arbres. Ensuite, ils participaient à l’offrande en buvant du saké. De nos jours, les Japonais célèbrent le hanami en pique-niquant sous les cerisiers en famille ou entre amis. Nous nous sommes donc rendus au parc Yoyogi dans le quartier Harajuku. Nous y avons vu des centaines et des centaines de Japonais qui semblaient être en communion avec les cerisiers.

Nous avons ensuite fait un trajet de 30 minutes en train sur la ligne Yamanote pour se rendre au parc de Ueno. Un ami de mon beau-frère nous a recommandé de se rendre à ce parc, car c’est le plus populaire auprès des Japonais pour célébrer le hanami. Dès que nous sortons de la station de train, nous sommes frappés par le flot de milliers de Japonais qui se dirigent au parc. C’est incroyable, je n’ai jamais vu autant de Japonais au pied carré! Je me sens vraiment comme une minorité visible, perdue dans un fleuve de Japonais.

Au parc Ueno, on pouvait trouver une panoplie de petits kiosques à nourriture, certains servant des repas plus alléchants que d’autres. Mon beau-frère Claude s’est laissé tenter par des boules frites à la pieuvre, croustillantes à l’extérieur et gluantes à l’intérieur. Jonathan y a goûté aussi. Vous remarquerez bien leur expression de dégoût sur ce court film. Billets d’avion pour le Japon 1 100 $, boules frites 5 $, expression de dégoût, ça n’a pas de prix. Pour le reste, il y a Mastercard (allusion à une publicité qui date de quelques années).

Au retour du parc Ueno, nous avons regagné le quartier de notre hôtel. Comme nous avions faim, nous nous sommes arrêtés dans un genre de restaurant fast-food à la japonaise. Pour commander, nous devions insérer de l’argent dans une machine distributrice et choisir notre repas en appuyant sur un bouton affichant le repas qui nous intéressait. Pour moins de 5 $, j’ai eu droit à un gros bol de riz avec des oignons et des morceaux de boeuf. Et pour 2,80 $ de plus, j’ai dégusté une bonne bière Asahi toute fraîche. Hmmm, quel délice à un prix si dérisoire.

Un repas, only in Japan!!

Kyoto

En arrivant à Kyoto, je suis frappée par le modernisme de la gare. La construction de la gare, il paraît, a suscité beaucoup de réactions contradictoires parmi les Japonais; soit ils l’adorent, soit ils la détestent.

Notre hôtel à Kyoto se trouve à environ 10 minutes de marche de la gare. Il s’agit d’un capsule hôtel façon moderne. La chambre, bien qu’elle soit assez petite, est très bien aménagée. Nous avons la toilette la plus sophistiquée que j’ai vue jusqu’à maintenant. Dès que nous ouvrons la porte, le siège se lève, comme pour nous saluer et nous inviter à prendre place. Le réservoir est doté d’un petit lavabo qui s’active dès que nous tirons la chasse. Lorsque nous quittons la toilette, allégés et soulagés, le couvercle se ferme automatiquement, apportant avec lui nos petits secrets. La douche en coin est ultra-moderne. Elle possède des lumières intégrées et des jets massants qui pincent la peau. Nous dormons par terre sur des tatamis. Le tout, pour environ 80 $. Une aubaine!

Nous quittons notre hôtel pour nous rendre à Kinkakuji, surnommé le pavillon d’or. En 1397, c’était la villa d’un shogun, qui a été convertit en temple par le fils du shogun à la mort de ce dernier. En 1950, le temple a été complètement ravagé par un incendie qu’avait allumé un jeune moine fou. Le temple a été rebâti en 1955. La version actuelle est identique à l’ancienne, excepté que le temple en entier a été recouvert de feuilles d’or, alors qu’auparavant, seulement le 2e étage était recouvert d’or.

En début de soirée, nous nous rendons ensuite à Gion, le quartier traditionnel des geishas. C’est un endroit quasi-mythique. On se croirait transporté dans une autre époque. Les ruelles étroites, bordées de cerisiers en fleurs, dans lesquelles sillonnent des canaux. Nous apercevons notre première geisha, qui escorte un petit groupe de Japonais. Nous sommes carrément subjugués. Tous les touristes, qu’ils soient Occidentaux ou Japonais, se tournent sur son passage pour la photographier. Nous continuons à errer tranquillement dans les ruelles et nous apercevons d’autres geishas qui sortent de petites maisons en bois pour se rendre à leur rendez-vous de la soirée. Elles sont à la fois gracieuses et mystérieuses. On dirait qu’elles se déplacent sur un nuage. Elles sont d’une grande élégance, vêtues de leur kimono de soie. Je me sens comme une paparazzi qui traque les geishas qui surgissent des ruelles et tente de prendre les meilleurs clichés.

L’atmosphère dans ce quartier traditionnel est tout simplement magique. Un beau souvenir que je garderai longtemps en mémoire.

Nara

Avant de quitter Kyoto pour nous rendre à Osaka, nous décidons de faire une excursion d’une journée à Nara, première capitale du Japon.

Nous commençons par visiter le parc de Nara, qui abrite environ 1 200 daims. Avant l’arrivée du bouddhisme, ils  étaient considérés comme les messagers de dieux. Ils se promènent parmi les touristes, à la recherche des galettes qu’ils aiment tant, et font pleurer les enfants, ce qui est vraiment tordant. Je décide donc de tenter l’expérience. Pour environ 1,50 $, j’ai droit à un paquet de cinq galettes. Aussitôt la nourriture en main, quatre ou cinq daims se dirigent vers moi. Certains sont plus insistants que d’autres, me donnant gentiment des coups de tête pour me signifier leur présence. Je suis pleine de bave de daims, mais quelle expérience mémorable!

Nous continuons notre promenade en nous rendant au temple Todai-ji.  Il s’agit d’un temple immense et très impressionnant fait en bois. Le temple abrite le Bouddha Dainichi, qui semble-t-il, aurait précédé tous les autres Bouddhas. Selon les historiens, l’empereur de l’époque aurait fait construire le Bouddha pour faire cesser une épidémie de variole qui faisait rage au Japon. Le Bouddha a été coulé en 746, puis refondu plus tard. Il mesure 16 m et est composé de 437 tonnes de bronze et de 130 kg d’or. Il s’agit de l’une des plus grandes statues au monde. Au cours des siècles, le Bouddha a perdu sa tête à plusieurs reprises, d’où la différence de couleur entre sa tête et son corps.

Sur le chemin du retour, nous embarquons à bord du train rapide pour retourner à Kyoto. Ce matin, nous nous sommes trompés en prenant le train local. Normalement, le trajet aurait dû nous prendre une trentaine de minutes; il nous a fallu 1 h 15 pour nous rendre à Nara. Pas question de commettre la même erreur. Le trajet se déroule bien, jusqu’à ce que le train s’immobilise. Cinq minutes passent, puis dix, puis quinze… Le conducteur fait des annonces en japonais seulement. Pas moyen de comprendre ce qu’il dit. Nous ignorons totalement ce qui se passe. Finalement, j’essaie de me renseigner auprès d’une autre passagère. D’après ce qu’elle m’a dit, le train s’est arrêté parce qu’il y aurait eu un accident impliquant le train avant nous. Elle a soulevé la possibilité d’un suicide; le taux de suicide au Japon est assez élevé, semble-t-il. Selon elle, ce genre de chose se produit fréquemment. Après une heure d’attente, le train repart. Il est fort probable que nous ne sachions jamais ce qui s’est réellement produit. Finalement, le train rapide n’a pas été aussi rapide que nous l’aurions espéré.

La chronique de la belle-soeur – partie 1

Il n’y a pas que l’horaire qui bouscule lorsqu’on arrive au Japon, nos habitudes et notre perception des choses prennent un sérieux tournant. On doit marcher à gauche, ne jamais se moucher en public, les ascenseurs nous parlent sans cesse, il faut se plier pour saluer, pour entrer dans un bus, il faut entrer par la sortie et sortir par l’entrée et dans les restaurants, il faut prier pour trouver une place dans la minuscule section de non–fumeur.

Comme dans toute société, le Japon est bourré de contradictions. Selon notre ami Marc, qui y habite depuis longtemps, l’apparence est très importante pour les Japonais. Déjà sortis de l’université, ils doivent se caser et doivent se mouler à des exigences très strictes autant sur le plan familial que professionnel. Il n’est donc pas surprenant de voir autant de gens dans la vingtaine avec le costume noir et la chemise blanche. En fait, c’est ce qu’il porte tous, même les femmes qui portent cependant la jupe. Le soir, à la sortie du bureau, une file d’ombres noires courent  pour rejoindre le métro.

Il est pourtant remarquable de voir les adolescents profiter du temps qu’ils leur restent et se costument comme pour faire leur dernier pied de nez  avant de rentrer dans les rangs. Ils ne se déguisent pas pour être marginaux, loin de ça, ils portent en fait le costume de leur génération.

Les adolescentes sont folles de la mode « catin ». Elles portent des jupes « froufrou » très courtes, des grosses postiches et des boucles dans les cheveux, bas mi-cuisse avec souliers super hauts ou des bottes de cowboy. Elles ont presque toutes des faux cils et un chapeau de paille. On est allé dan une boutique spécialisée pour ado et je vous jure, ça ressemblait à une usine de poupées! Les gars eux ont tous la même coupe de cheveux, genre bob crêpé avec une mèche qui traverse le visage.

Les Japonais sont excessivement polis et introvertis remplis de conventions. C’est donc drôle d’en voir quelques uns le soir à la sortie du bureau après avoir bu plus que la normale, chanter à voix haute dans un restaurant ou s’endormir pendant le repas au restaurant comme pour s’échapper de temps à autre du poids considérable de la conformité.

C’est drôle mais je n’ai pas vu de mendiants dans aucune ville ni même de musiciens dans les métros.  J’adore ce pays, la gentillesse des gens. Combien de fois nous a t’on arrêté dans la rue pour nous offrir de l’aide. De retour au Canada, je le jure, le premier Japonais que je rencontre, je lui saute dessus pour lui prodiguer toute l’aide que je peux offrir.

Mes souvenirs favoris

 

Tokyo, traverser l’intersection la plus achalandée au monde. Faudra voir le vidéo pour le croire. On l’a traversé dix fois et Claude et Jonathan ont certainement pris une cinquantaine de photos. Le fun qu’on a eu lors de notre visite d’un centre d’électronique ou on a essayé toutes les bébelles électroniques (chaise massante, vibrateur pour le dos et le fameux rodéo).

Kyoto, agir en paparazzis et courir après les geishas dans les petites rues pour prendre des photos,  passer trente minutes dans un temple agenouillée avec les Japonais pour faire de la méditation, notre chambre d’hôtel version capsule de luxe et le sympathique personnel.

Osaka, le quartier le plus animé et allumé de la ville, le Sin City avec des néons géants et de petites rues remplies de marchands de produits que je n’ai jamais vus avant et des odeurs qui ne m’ont pas donné pas du tout envie d’essayer .  On croit que c’est là qu’a été tourné Blade Runner, c’est identique.

A venir, Bepu un centre de villégiature bourré de bains thermaux extérieurs venant du sol. C’est ce qu’il me faut justement parce que j’ai mal partout à force de marcher toute la journée.

Nourrir les daims à Nara

L’extrait qui suit vous montre mon après-midi au parc de Nara, où j’en ai profité pour nourrir les daims. C’était une expérience très amusante; j’étais comme une enfant dans un magasin de jouets… ou une accroc du shopping qui a trouvé des Jimmy Choo et des Manolo Blahnik à Tokyo.

Nikko

Quelle ville merveilleuse! Située à environ deux heures de Tokyo, Nikko est nichée dans les montagnes. Ici, on est loin du tumulte de la capitale.

Depuis quelques jours, un front froid s’abat sur le pays. C’est gris, très humide et il pleut souvent. On se croirait presque en Belgique! Le train local qui nous amène à Nikko sillonne des forêts de cèdres géants. Assez impressionnant comme spectacle. Je contemple tranquillement le paysage qui s’offre à moi, perdue dans mes pensées, quand j’aperçois des nappes blanches sur le sol entre les arbres. Non, ce n’est pas vrai, de la NEIGE?!? Je suis sous le choc. Je n’avais pas vu de neige depuis le début de mars au Canada… Je ne vois qu’un seul avantage à un temps aussi froid; la floraison des cerisiers est retardée dans le nord du pays. On va donc pouvoir en profiter encore.

Nous avons juste le temps de déposer nos bagages à l’hôtel avant de partir visiter des temples figurant au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous commençons notre visite par le sanctuaire shintoïste Tosho-gu, doté d’une pagode de cinq étages. Selon le Lonely Planet, la pagode n’aurait pas de fondation; un long poteau suspendu permettrait de rétablir l’équilibre advenant un séisme. Assez impressionnant quand on pense que la pagode a été érigée en 1650, puis reconstruite en 1818.  L’architecture des temples est très riche; les couleurs vives et les détails des façades dorées. Dommage que ce soit nuageux, car le soleil aurait permis de donner un autre aspect à tout ce spectacle.

Nous nous rendons ensuite au Shin-kyo, un pont rouge sacré qui surplombe la rivière Daiya. Seuls les membres de la famille impériale et les généraux peuvent le traverser.

Une fois la visite des temples terminée, c’est l’heure du souper. Nous avions remarqué un steak house sur la carte de la ville et décidons de tenter notre chance. Pourquoi ne pas en profiter pour goûter à ce fameux bœuf de Kobe? Nous feuilletons le menu, mais nulle trace du steak de Kobe. Il y a par contre du bœuf de Tochigi qui, à ce qu’on nous dit, est très reconnu. Bah, jamais entendu parler, mais d’après le prix, la qualité de la viande doit être assez exceptionnelle : 84 $ pour 150 g… J’imagine très bien les vaches de Tochigi fréquentant un spa où elles se font faire des manucures, des pédicures et des massages pour être aussi tendres et délicieuses. Bref, ce fut une expérience culinaire mémorable. Le steak fondait dans la bouche, et que dire de la sauce à l’ail qui accompagnait la viande… mmmmm un vrai délice! Petite parenthèse comme ça, j’ai remarqué que les Japonais cuisinaient rarement avec de l’ail. Dans cette culture où le respect de l’autre prime, j’imagine que c’est pour ne pas incommoder son prochain. C’est une hypothèse que je devrai vérifier.

Demain, nous quittons Nikko, la Ste-Adèle du Japon, pour nous rendre à Yudanaka et visiter le parc des singes.